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Combien de courses par jour pour un VTC ? Le chiffre qui vous intéresse

Par Chloé Savre, Rédactrice6 min de lecture

Réglementation française. Pour la Belgique, la Suisse, le Luxembourg et le Maroc, voir les guides par pays.

En 2024, les plateformes ont déclaré plus de 100 millions de courses pour environ 71 300 chauffeurs VTC actifs, soit près de 1 400 courses par chauffeur sur l'année, ou 5 à 6 courses par jour ouvré en moyenne, temps partiels compris. Un chauffeur à temps plein en zone dense se situe plutôt entre 8 et 12 courses par jour. L'ARPE relève que 60 pour cent des courses sont rémunérées entre 9 et 15 euros.

Vue en plongée verticale d'un carrefour parisien en milieu de journée, plusieurs berlines noires arrêtées au feu parmi les autres véhicules.

Le chiffre le plus solide disponible est celui des indicateurs que les plateformes transmettent à l'Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi. En 2024, elles ont déclaré plus de 100 millions de courses, en hausse de 16 pour cent sur un an, pour environ 71 300 chauffeurs VTC actifs, en hausse de 27 pour cent.

Rapporté au nombre de chauffeurs, cela fait près de 1 400 courses par chauffeur et par an, soit de l'ordre de 5 à 6 courses par jour ouvré. Cette moyenne inclut les chauffeurs à temps partiel, très nombreux dans le métier, et les mois creux.

Un chauffeur en activité à temps plein dans une agglomération dense se situe plus haut, en général entre 8 et 12 courses par jour travaillé. Un chauffeur positionné sur des transferts longs en fait beaucoup moins, pour un chiffre d'affaires souvent supérieur.

Voici les facteurs qui font varier ce nombre, et surtout pourquoi ce n'est pas l'indicateur à suivre.

Que disent les chiffres officiels ?

Les données publiées par l'ARPE, à partir des déclarations des plateformes, donnent quelques repères fermes.

  • 60 pour cent des courses sont rémunérées entre 9 et 15 euros, et plus des trois quarts au-delà de 10 euros.
  • 46,9 pour cent des chauffeurs déclarent un chiffre d'affaires horaire brut compris entre 30 et 35 euros. Cette mesure porte sur le temps de course, hors attente.
  • 76 pour cent des chauffeurs travaillent sur plusieurs plateformes en parallèle.
  • 69 pour cent des cartes professionnelles sont délivrées en Île-de-France, ce qui explique une bonne part des écarts de volume entre territoires.

Ces chiffres portent sur l'activité de plateforme. Ils ne couvrent pas la clientèle en direct, les mises à disposition ni la sous-traitance entre exploitants, qui échappent à ce comptage.

Pourquoi la question du volume compte-t-elle ?

  • Elle détermine votre chiffre d'affaires. À prix moyen constant, le volume fait le revenu.
  • Elle dépend de facteurs que vous ne maîtrisez pas tous. Comprendre lesquels vous permet d'agir sur ceux qui restent.
  • Elle sert de repère. Savoir ce que font les autres permet de se situer et de fixer des objectifs atteignables plutôt qu'imaginaires.

Pourquoi la moyenne varie-t-elle autant ?

  • La ville : les grandes agglomérations concentrent la demande et permettent d'enchaîner. En zone moins dense, les temps morts entre deux courses pèsent lourd.
  • Les heures de pointe : matin, fin de journée, week-ends. C'est là que se concentre la demande de trajets domicile-travail et de sorties.
  • La saison : périodes touristiques, salons professionnels et fêtes modifient sensiblement le volume disponible.
  • Le type de course : dix courses urbaines de 15 minutes et trois transferts d'aéroport ne représentent ni le même chiffre d'affaires, ni la même fatigue.

Quels facteurs influencent le volume ?

La plateforme

  • L'attribution des courses : chaque plateforme a ses règles d'affectation. Votre note, votre taux d'acceptation, votre position et votre ancienneté y jouent un rôle.
  • Les commissions : elles pèsent directement sur ce qui vous reste par course, et donc sur le nombre de courses nécessaires pour atteindre un revenu donné. C'est aussi pour cela que 76 pour cent des chauffeurs en utilisent plusieurs.
  • Les fonctions offertes : la visibilité sur la demande, la possibilité de refuser sans pénalité, les réservations à l'avance.

Le véhicule

  • Le type : un véhicule électrique ouvre l'accès à certaines catégories et à certaines zones réglementées, mais impose des contraintes de recharge.
  • L'état : un véhicule propre et bien entretenu obtient de meilleures notes, et les meilleures notes ramènent des courses.
  • Les coûts : entretien, énergie, assurance. Ils déterminent le nombre de courses nécessaires pour couvrir la journée avant de gagner quoi que ce soit.

La zone

  • Les zones porteuses : quartiers d'affaires, gares, aéroports, zones touristiques.
  • Les événements : rencontres sportives, concerts, salons créent des pics prévisibles. Les anticiper vaut mieux que les subir.
  • La concurrence : le nombre de chauffeurs connectés au même endroit divise mécaniquement la demande. Avec 27 pour cent de chauffeurs supplémentaires en un an pour 16 pour cent de courses en plus, la densité de l'offre progresse plus vite que la demande.

Les horaires

  • Les heures de pointe sont les plus productives, mais aussi les plus embouteillées. Une course de 20 minutes payée au temps ne vaut pas une course de 20 minutes payée à la distance.
  • Les nuits et week-ends offrent des volumes intéressants, avec une clientèle plus imprévisible.

L'expérience

  • La note client : elle influence l'attribution et la fidélisation.
  • La connaissance du terrain : savoir où se placer et quel itinéraire prendre fait gagner des minutes sur chaque course, donc des courses sur la journée.
  • La prospection : se positionner aux bons endroits aux bonnes heures, et développer une clientèle en direct.

Comment augmenter le volume ?

  • Testez plusieurs plateformes pour comparer les commissions et les volumes réels dans votre zone. C'est ce que font les trois quarts des chauffeurs.
  • Soignez votre profil : photo correcte, informations complètes, évaluations entretenues.
  • Planifiez vos horaires en fonction de la demande, plutôt qu'en fonction de votre confort. Deux heures bien placées valent quatre heures mal placées.
  • Entretenez votre véhicule : c'est un investissement dans votre note, donc dans votre volume.
  • Échangez avec d'autres chauffeurs : les communautés professionnelles font circuler des informations sur les zones, les événements et les pratiques des plateformes que vous ne trouverez nulle part ailleurs.

Quel est le vrai indicateur à suivre ?

Le revenu net par heure, et non le nombre de courses. C'est le point le plus important de cet article.

Douze courses urbaines à 12 euros dont 25 pour cent de commission, avec 180 kilomètres parcourus, ne laissent pas grand-chose une fois l'énergie, l'usure et les cotisations déduites. Quatre transferts d'aéroport à 55 euros en direct, sur la même journée et avec moins de kilomètres, laissent davantage.

Ce qu'il faut suivre, c'est donc :

  • le chiffre d'affaires par heure travaillée, en comptant les heures d'attente, et pas seulement le temps de course que mesurent les plateformes ;
  • le coût kilométrique réel de votre véhicule, énergie, entretien, pneumatiques, assurance et décote comprises ;
  • la part de commission que vous laissez aux plateformes ;
  • le revenu net par heure, une fois cotisations et impôts provisionnés. En micro-entreprise de services, les cotisations sociales représentent 21,2 pour cent du chiffre d'affaires encaissé en 2026.

Un chauffeur qui connaît ces quatre chiffres refuse les courses qui ne le paient pas. Un chauffeur qui ne les connaît pas accepte tout et travaille beaucoup pour peu.

Quels postes surveiller de près ?

  • L'énergie : premier poste variable, et le plus sensible à votre conduite et à vos kilomètres à vide.
  • L'entretien : régulier et prévisible, il coûte moins cher que la panne qu'il évite.
  • L'assurance : obligatoire, et lourde. Comparez-la chaque année.
  • Le véhicule lui-même : sa décote est un coût réel, même si elle ne sort pas de votre compte chaque mois.

Pour tenir ces chiffres, il faut les enregistrer. C'est exactement ce que fait un logiciel de devis et de facturation conçu pour le transport de personnes : chaque course saisie alimente votre chiffre d'affaires, vos documents et votre suivi, sans tableur à maintenir en parallèle.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 100 millions de courses déclarées en 2024 pour environ 71 300 chauffeurs actifs, soit près de 1 400 courses par chauffeur et par an, ou 5 à 6 par jour ouvré, temps partiels compris.
  • Un chauffeur à temps plein en zone dense se situe plutôt entre 8 et 12 courses par jour travaillé.
  • 60 pour cent des courses sont rémunérées entre 9 et 15 euros, et 46,9 pour cent des chauffeurs déclarent 30 à 35 euros de chiffre d'affaires horaire brut hors attente.
  • Le nombre de chauffeurs a progressé de 27 pour cent en un an contre 16 pour cent pour le nombre de courses : la concurrence monte plus vite que la demande.
  • Le bon indicateur est le revenu net par heure, attente comprise, cotisations provisionnées, et non le volume de courses.

Pour approfondir, voyez notre article sur combien gagne un chauffeur VTC.

Sources

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